Olympe Mancini, comtesse de Soissons et princesse de Carignan, maîtresse de Louis XIV

Née le 11 juillet 1637 à Rome, Olympe était fille de Lorenzo Mancini et de Jeronima Mazarin, sœur du Cardinal.

Ce dernier fit venir ses nièces en France, Olympe et sa sœur Laure, ainsi que leur frère Paul, en septembre 1647, dans le but de les marier. Olympe n’était pas particulièrement belle mais son charme reposait sur ses « yeux pleins de feu ».

Après un bref exil dû à la Fronde, elle revint à la cour, où elle plut, particulièrement à la reine-mère, Anne d’Autriche, qui prit les « Mazarinettes » sous sa protection. Louis XIV lui-même courtisa ces jeunes filles, avant que Mazarin ne marie toutes les sœurs d’Olympe, exceptée Marie.

 

 

Le jeune roi commença alors à courtiser Olympe, « la perle des précieuses », à partir de 1654. Pour elle, il organisa beaucoup de fêtes où « il la menait toujours danser », et les courtisans assurent que « les plaisirs n’étaient faits que pour elle ». D’aucuns s’imaginèrent un peu vite que Louis XIV espérait l’épouser, mais c’était compter sans Anne d’Autriche, qui l’en eut défendu.

Il fut alors décidé, par le cardinal de Mazarin, qu’Olympe épouserait Eugène-Maurice de Savoie, prince de Carignan et comte de Soissons, en février 1657. Le roi ne s’en offusqua pas, pas plus que le comte de Soissons qui fut dépité de voir Louis XIV se détourner d’Olympe ! Celle-ci lui donnera huit enfants. L’aîné, Louis-Thomas, est supposé être fils naturel du roi, car il naquit en août 1657, soit six mois après le mariage d’Olympe et d’Eugène-Maurice.

Olympe fut très jalouse de la passion du roi pour sa sœur Marie. Elle ne partagea pas sa disgrâce après le mariage du roi avec l’infante d’Espagne, et demeura à la cour avec mari et enfants, en ayant conservé l’estime du roi.

La comtesse se lia alors d’amitié avec la belle-sœur de ce dernier, Henriette d’Angleterre, dite Madame. Louis XIV et Henriette, soupçonnés amants, firent de longues promenades dans les bois pendant la nuit, en compagnie d’Olympe, ce qui fit jaser la cour et surtout la reine Marie-Thérèse. Certains affirment qu’Olympe, avide d’intrigues, est à l’origine de la faveur de Louise de la Vallière, pour « faire paravent » aux amours coupables du roi et de Madame. Mais le stratagème se retourna contre elles, car Louis tomba amoureux de Louise et se détourna de sa belle-sœur, qui s’employa, avec la complicité d’Olympe, à détrôner Louise de la Vallière. La comtesse de Soissons révéla à la reine l’adultère de Louis XIV et de Louise, mais Marie-Thérèse fut impuissante contre son époux.

Olympe se fit alors oublier, jusqu’à la célèbre « Affaire des poisons » en 1679. Elle fut alors accusée d’avoir fréquenté la Voisin et autres devineresses et était dite « profonde en crimes et docteur en poison ». La comtesse aurait résolu d’empoisonner Louise de la Vallière, bien qu’elle fut entrée au Carmel depuis plusieurs années, craignant que le roi la fasse revenir à la cour. Elle alla jusqu’à menacer Louis XIV que « s’il ne revenait pas à elle, il s’en repentirait ». Olympe fut également soupçonnée d’avoir empoisonné son mari, pourtant complaisant, ainsi que Marie-Louise d’Orléans, fille d’Henriette d’Angleterre et nièce de Louis XIV.

 

 

Le 23 janvier 1680, elle fut priée de quitter la cour sur-le-champ. Bien qu’elle clama son innocence, Olympe fut définitivement compromise, comme beaucoup de dames de la cour, dans cette triste affaire et fut contrainte de s’exiler.

Elle parcourut alors l’Europe, rejoignant deux de ses sœurs, Marie et Hortense, en Espagne, en Angleterre et dans les Flandres. Elle mourut en 1708, à Bruxelles.

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